Comminges : pourquoi les lampadaires s’éteignent de plus en plus la nuit

Dans de nombreux villages, les lampadaires ne restent plus allumés toute la nuit.
Extinction pendant quelques heures, baisse de l’intensité lumineuse ou passage aux LED : les communes disposent de plusieurs solutions pour réduire leur consommation électrique et limiter la pollution lumineuse.
Une tendance qui s’est largement développée en France et que l’on retrouve également en Haute-Garonne et dans le Comminges.
73 % des communes étudiées pratiquent une extinction
Le phénomène a pris une ampleur considérable ces dernières années.
Selon les dernières données publiées par le Cerema en juin 2026, 73 % des 22 773 communes étudiées pratiquent une extinction totale ou partielle de leur éclairage en cœur de nuit.
Ces résultats reposent notamment sur l’analyse d’images satellitaires. Les observations sont réalisées en cœur de nuit et ne permettent donc pas de connaître précisément les horaires d’extinction décidés par chaque commune.
En Occitanie, l’extinction nocturne est également particulièrement présente.
Selon le Cerema, plus de 40 % des communes de la région pratiqueraient une extinction totale en cœur de nuit.
Dans le Comminges aussi
Cette évolution est également visible localement.
À Fronsac, dans le Comminges, la municipalité s’est engagée dès 2023 dans l’extinction nocturne de ses lampadaires, parallèlement à la modernisation de son éclairage public.
Toutes les communes n’appliquent cependant pas nécessairement la même politique. Certaines choisissent d’éteindre complètement leurs lampadaires pendant une partie de la nuit, tandis que d’autres réduisent leur puissance ou maintiennent certains secteurs éclairés.
Réduire la facture d’électricité
L’une des principales motivations est économique.
Le Syndicat départemental d’énergie de la Haute-Garonne accompagne les communes qui souhaitent mettre en place une coupure de l’éclairage public en cœur de nuit.
L’objectif est notamment de réaliser des économies d’énergie et de maîtriser les dépenses publiques. La modernisation des installations et le remplacement des anciens équipements par des LED permettent également de réduire la consommation.
Protéger aussi la biodiversité
Mais les économies ne sont pas la seule motivation.
La lumière artificielle nocturne peut perturber la biodiversité et contribue à la pollution lumineuse. Plusieurs solutions permettent de limiter ces nuisances : couper ou abaisser l’éclairage en cœur de nuit, mieux orienter la lumière vers le sol ou encore limiter la lumière bleue.
L’objectif est d’adapter davantage l’éclairage aux besoins réels plutôt que de maintenir systématiquement la même intensité pendant toute la nuit.
Une pratique désormais largement installée
Les données du Cerema montrent que l’extinction nocturne n’est plus une pratique marginale.
Son développement s’est notamment accéléré lors de la crise énergétique de 2022. Selon le Cerema, 30 % des extinctions totales recensées ont été mises en place entre septembre et décembre 2022.
Depuis, le mouvement s’est ralenti, mais la pratique reste largement répandue. Les petites et moyennes communes sont notamment davantage concernées par les extinctions totales, tandis que les grandes villes ont plus souvent recours à des extinctions partielles ou à la rénovation de leur éclairage.
Dans le Comminges, territoire composé de nombreuses communes rurales, l’éclairage nocturne soulève ainsi plusieurs enjeux : coût de l’énergie, consommation électrique, biodiversité et préservation du ciel nocturne.
Sources : Cerema, Syndicat départemental d’énergie de la Haute-Garonne (SDEHG).




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